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A. ROUGET.

Monuments historiques de France publiés par départements : HAUTE-SAVOIE. Lyon, [1895], 61 planches, 24,5 x 31,5 cm.

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1. ABONDANCE (porte latérale de l'église). - Cette petite porte, charmant spécimen d'architecture, date de la fin du XVIIe siècle, et donne accès de l'église dans le cloître. C'est, dit M. Charvet, le monument le plus précieux de l'abbaye Les deux statues malheureusement mutilées qui ornent les fûts des colonnes, représentaient l'ancienne et la nouvelle loi. Au milieu du timpan en arc trilobé est le couronnement de la Vierge. - Le cloître (1331 à 1345) est orné de huit fresques, oeuvre de frère Claude de Saint-Dominique (1628). Les plus remarquables sont : Jésus au milieu des docteurs, et les Noces de Cana; dans cette dernière, l'artiste a donné au marié les traits d'Emmanuel Ier, duc de Savoie. Sur les clefs de voûtes sont peints les signes du zodiaque. On y remarque encore quelques chapiteaux intéressants, et les arcs qui reposent sur des culs-de-lampe. - Le visiteur est péniblement impressionné par l'état de délabrement dans lequel est laissé cet intéressant monument, et qui ne serait probablement plus que des ruines informes sans les soins de M. Sallavuard.
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2. ABBAYE D'ABONDANCE (intérieur de l'église). - Vers la fin du vie siècle, saint Colomban, persécuté par Thierry II, se réfugia à Abondance, et commença à y défricher le terrain. Mais Colomban et ses moines durent quitter le pays, lorsque Thierry s'empara du royaume de Bourgogne. En 1108, les chanoines de Saint-Maurice-en-Valais continuèrent les travaux, et ce fut Ponce de Faucigny qui y fonda une congrégation particulière. - Pendant quatre siècles, l'abbaye, grâce aux largesses des princes de Savoie, jouit d'une renommée éclatante. En 1607, saint François de Sales remplaça les moines par des Feuillants qui y restèrent jusqu'en 1767. - A la Révolution, l'abbaye fut vendue et appartenait, en 1830, au chanoine Sallavuard, dont les héritiers possèdent encore actuellement la partie du cloître la moins mutilée. - L'église, de style ogival, avec quelques traces de style roman, n'offre rien de très remarquable, si ce n'est ses neufs chapelles qui entourent le choeur ; on y remarque une superbe chaire abbatiale, à trois places, richement sculptée, et remontant à la fin du XIVe siècle. La sacristie contient divers objets anciens fort curieux et servant au culte.
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3. ABBAYE D'ABONDANCE. [Banc]
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4. ABBAYE D'ABONDANCE. [Cloître]
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5. ABBAYE D'ABONDANCE. [Fresque]
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6. ABBAYE D'ABONDANCE. [Fenêtre]
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7. ALAMAND (Haute-Savoie). - Situé dans la commune de Lugrin, en Chablais, à 4 kilomètres est d'Évian-les-Bains et à 300 mètres environ du lac Leman sur un plateau peu élevé qu'ombragent de nombreux châtaigniers séculaires de toute beauté; plusieurs ont de 8 à 11 mètres de tour. Le manoir d'Alamand, remarquable par une haute tour ronde à mâchicoulis couverte de lierre qui le flanque à l'ouest, appartint, au XIVe siècle, aux de Russin ; vendu par Louis de Russin aux nobles du Nants, 1561, il passa, un siècle plus tard, dans la famille de Lucinge, par le mariage de Bénigne de Cite, veuve de J. du Nant, avec Philippe de Lucinge, baron d'Arenthon, 1640. Antoinette de Lucinge porta le château à son mari, Emmanuel de Compois, qui le vendit, en 1719, à Jacques-B. d'Yvoire. Vendu, en 1753, à Jacques Folliet, il fut revendu, en 1849, à L. de Constant de Rebecque, de Lausanne, et par celui-ci au comte L. de Tardy de Montravel (1865). En 1888, le vicomte Sixt de Broissia, époux d'une des filles du comte de Montravel, se construisit une habitation sur les ruines de la ferme du château. Le château et les terres d'Alamand sont actuellement possédés par le vicomte et la vicomtesse de Sallmard de Ressis, seconde fille du comte de Montravel.
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8. ALEX. - Le château d'Alex, situé à l'extrémité orientale du village de ce nom, sur la route d'Annecy à Thônes, formait jadis une sorte de quadrilatère que le propriétaire actuel a détruit en grande partie (1884-1894). Le corps de logis oriental seul reste debout. On y montre l'emplacement de la chapelle dans laquelle le B. Pierre Favre célébra la sainte messe (1541). Marguerite d'Alex, dernière du nom, porta cette seigneurie à Pierre d'Arenthon, sexaïeul de Mgr jean d'Arenthon d'Alex, illustre évêque de Genève († 1695). A la mort de Denis d'Arenthon, président au Sénat, et dernier mâle de sa branche (1706 environ), la seigneurie passe aux nobles Favier, barons du Noyer. Ceux-ci la vendent, en 1773, à noble Françoise-Marie de La Fléchère, qui la fait ériger en comté (1783). Le nouveau châtelain étant tombé, dix ans plus tard, sous les coups des terroristes, et ses biens ayant été confisqués, le château eut pour acquéreurs successifs, MM. Perravex et Laffin, Bardet, Gay, Duret, enfin Gay Philippe, propriétaire actuel.
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9. ALLINGES. - Les ruines que l'on aperçoit sur la colline des Allinges, au sud de Thonon, sont celles de deux châteaux forts qui s'y dressaient jadis. A l'est, le Château vieux, remontant à la plus haute antiquité. A l'ouest, le Château neuf, que l'on croit avoir été bâti par Rodolphe II, roi de la Bourgogne transjurane († 917). A l'extinction de cette dynastie (1032), les châteaux d'Allinges passèrent à des mains rivales. Pendant que le neuf appartenait à la Maison de Savoie, le château vieux fut occupé par les barons de Faucigny, puis par les dauphins du Viennois, leurs successeurs : d'où rivalité et longues luttes entre les castels. Mais le comte Amédée VI de Savoie, ayant acquis le Faucigny (1355), les réunit sous sa domination et en fit une unique forteresse. Celle-ci résista, en 1589, aux Berno-Genevois ; mais elle tombe entre les mains des Français en 1530, 1600, 1630 et 1690 ; enfin, en 1703, plutôt que d'y laisser entrer les troupes de Louis XIV, la garnison la démantela. Outre de vastes pans de murs, reste encore debout la chapelle du château neuf, au chevet de laquelle on remarque une peinture du Xe siècle. Comme au début de sa mission du Chablais, saint François de Sales y a souvent célébré la messe, cette chapelle est devenue un lieu de pèlerinage desservi par les missionnaires dits de Saint François de Sales.
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10. ANNECY. - Le château fort, très bien conservé, qui domine la ville d'Annecy, fut, dès le XIIe siècle, la résidence des comtes de Genève, puis celle des ducs de Savoie-Nemours, leurs successeurs. Bâti sur un rocher taillé à pic au N.-O., ce château était défendu au S.-E par la grosse tour en pierres de taille jaunâtres, dite tour de la Reine, qui cachait dans ses flancs ténébreux la salle d'audience avec les oubliettes, et se reliait d'un côté au mur d'enceinte de la ville, de l'autre à la belle tour du XIVe siècle qui domine le faubourg de la Perrière. La porte d'entrée, découpée en ogive, sillonnée de tores, était jadis munie d'une herse et défendue par la grosse tour. Le grand corps de logis eu pierres blanches, de 1532, malgré ses meurtrières, ressemble plutôt à la demeure d'un grand seigneur qu'à une construction militaire. Ce château fut pris, en octobre 1000, par le roi Henri IV qui y coucha cinq nuits ; en 1630, par Louis XIII ; eu 1690 et 1703, par les armées de Louis XIV. Il sert de logement à une partie de la garnison.
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11. BALLAISON. - Le château de Ballaison s'élève à l'extrémité occidentale de la colline de ce nom. Son donjon est très élevé, ses tours, ses murs crénelés lui donnent l'apparence d'un vieux château ; mais il n'a été bâti qu'il y a une trentaine d'années, par le comte de Boigne, qui l'a vendu, le 27 février 1893, à M. Côte, banquier lyonnais. Du sommet du donjon, on jouit d'un panorama merveilleux sur le Chablais, le lac Léman, les cantons de Genève et de Vaud, le pays de Gex et les bassins d'Annemasse et de Saint-Julien. Sur l'emplacement de ce château moderne, existait un antique château, dit du Prince, et un autre château, dit de Tenière. Le premier passa de l'apanage des comtes de Genève à la Maison de Savoie, qui le donna en échange d'Hermance, en 1475, à Antelme de Miolans et Gilberte de Polignac, mariés. Claudine de Miolans, femme de Guillaume de Poitiers, vendit, en 1529, la baronnie et château de Balleyson à Claude de Balleyson. Celui-ci, descendant direct des antiques nobles de ce nom, qui possédaient, dès 1393, le château de Tenière et la co-seigneurie de Balleyson, réunit donc sous sa main les deux châteaux dont on voyait encore d'assez importants vestiges en 1848. 11 serait trop long d'énumérer les vicissitudes de ce fief qui, à l'extinction des Balleyson, vers 1540, s'émietta en de nombreuses familles : Cholex, Allinges, Foras, Sales, Neuchâtel, Mionnas, etc., et enfin les Budé, qui vendirent la principale part au général comte de Boigne, en 1818.
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12. LE BARRIOZ. - Au milieu de grands bois de sapins, non loin du château du Barrioz, se trouvent les vestiges d'un château du même nom, détruit il y a plusieurs siècles par un incendie, suivant la tradition. Quoi qu'il en soit, le château actuel du Barrioz est fort ancien, comme en témoignent ses murs épais et les deux tours isolées qui en commandent l'abord. Durant plusieurs siècles, il a été la résidence principale de la branche cadette de l'illustre maison de Monthouz. Avec les deux paroisses voisines d'Argonnex et de Saint-Martin qui y furent annexées, il était érigé en comté, le 20 novembre 1699, en faveur de Claude-François de Monthouz, qui en était déjà seigneur. - A la mort de la dernière des Monthouz, en 1869, il passa à son neveu, M. Emmanuel Flocard de Mépieu ; Mme la comtesse d'Anières de Sales, née d'Arcollières, le tient par héritage de M. de Mépieu, son oncle maternel, depuis l'année 1886.
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13. BEAUREGARD. - Le château de Beauregard, situé dans la commune de Chens-Cusy, sur la rive gauche du lac Léman, est un antique édifice flanqué de tours du côté de montagne, remarquable par l'épaisseur de ses murs, et mérite son nom. Inféodé, l'an 1400, moyennant le prix de 1.200 écus, par Humbert II de Thoire-Villars, comte de Genève, à Pierre de Balleyson, le " castrum " de Beauregard demeura dans cette famille jusqu'au XVI e siècle. Marie, fille de Guigues de Balleyson, le porta à Claude de Mionnas, son mari, qui en passa reconnaissance en 1543 ; et Françoise de Mionnas, dernière du nom, à Bernard d'Allinges (avant 1611). Catherine Jacquemin, veuve d'Isaac d'Allinges, le vendit, le 8 décembre 1665, aux nobles de Budé, qui le revendirent à Messire Gaspard Costa, patricien d'origine génoise, comte du Villard, etc., président de la Chambre des Comptes de Savoie (le 8 novembre 1670). Érigé en marquisat, le 20 janvier 1700, en faveur de Jean-Baptiste IV Costa son fils, il appartient maintenant au comte Josselin Costa de Beauregard (6e descendant direct de Gaspard), qui y a réuni une célèbre collection d'antiquités lacustres et préhistoriques, etc. C'est au château de Beauregard qu'est né, le 20 avril 1752, une de nos célébrités de Savoie, le marquis Joseph-Henri Costa, marquis de Beauregard. (Un homme d'autrefois.)
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14. BEAUREGARD. - Dans la commune de Saint-Jeoire de Faucigny, château bâti fort probablement par les nobles de La Fléchère et possédé actuellement encore par les descendants directs d'Hugues de la Fléchère, chevalier, qui testa en son château de Beauregard, le 16 novembre 1370 ; depuis cette date, le château a évidemment supporté bien des remaniements, des additions de pavillons qui lui ont enlevé son ancien caractère.
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15. BELLECOMBE. - Il reste encore une antique tour du château de ce nom, possédé, dès le XIIIe siècle, par les nobles de Thoyre, descendants de la famille souveraine de Faucigny. Sortie par mariage avec les nobles de Cholex, la co-seigneurie de Bellecombe rentra une trentaine d'années plus tard, en 1564, par le mariage de Françoise de Cholex, dame de Bellecombe, dans le domaine de Philippe de Thoyre, son mari. Les descendants l'ont possédé jusqu'au XVIIIe siècle. Bellecombe paraît avoir passé, vers 1753, à Joseph-Prosper de Mareschal, comte de Valdisère, qui se qualifiait: seigneur de Bellecombe. Celui-ci eut pour héritier le marquis d'Allinges; nous n'avons pu nous procurer depuis lors les transmissions de Bellecombe.
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16. BLONAY. - C'était, au moyen âge, une forteresse considérable. Plusieurs de ses tours, dont on retrouve encore les fondations, plongeaient dans le lac, comme celles de Chillon sur l'autre rive. Une branche de la maison souveraine de Faucigny y faisait sa résidence et en a pris le nom (vers l'an 1000), époque à laquelle commencèrent les noms de famille. La plus grande partie du château a été détruite pendant les guerres, et la grande tour carrée est probablement presque tout ce qui reste de la construction primitive. L'aile au levant a, sur une de ses portes, la date de 1539. Il est probable qu'elle fut brûlée dans la guerre de 1535 et rebâtie quatre ans après. Blonay n'a jamais été qu'un château fort, sans aucune terre. Malgré le grand nombre des châteaux bâtis ou acquis plus tard par la Maison de Blonay, dans ses vastes possessions en Chablais et ailleurs, elle a toujours conservé le berceau de sa race. Durant huit siècles, il n'y a eu d'interruption dans la possession que pendant huit ans, et cela tout récemment. En 1884, le château fut vendu à MM. le baron de Saint-Yon et le comte de Kersaint, son neveu, qui l'ont réparé et mis à peu près dans l'état actuel, mais sans y ajouter aucun bâtiment. En 1892, il a été racheté par un membre de la branche aînée de la famille, M. le baron William de Blonay, qui le possède actuellement.
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17. BUFFAVENT. - Le château de Buffavent (de Bouffâ, souffler) est situé sur la lisière des bois qui séparent le hameau de Lully du coteau de Chavanex, à droite de la voie ferrée qui va de Bons à Thonon. C'est un corps de logis carré, du XVe siècle, flanqué de quatre tours rondes. Il appartint primitivement à l'illustre famille de Langin, dont on voit encore le blason sculpté sur la porte d'entrée. Guigues de Langin, seigneur de Buffavent, qui vivait au courant du XVI e siècle, laissa, entre autres, deux filles : Antoinette et Louise, qui portèrent partie de ce fief à leurs maris respectifs, Aimon de Bellegarde et jean de Cervens. Jeanne de Bellegarde, arrière-petite-fille d'Aimon, et dame de Buffavent, laissa le château avec la seigneurie (1650) à Louis de Seyssel, fils de Scipion de Seyssel, seigneur de Compois, son second mari ; Philippine-Françoise de Seyssel, fille de Louis, le porta à Claude-Charles Gerbais de Sonnaz († 1760). Joséphine de Sonnaz, baronne de Livet, arrière-petite-fille de ce dernier, vient de céder le vieux manoir de Buffavent à l'un de ses cousins, le comte de Gerbais de Sonnaz d'Habères, général de division, etc., au service d'Italie et à son frère S.E. le comte Charles-Albert, ministre plénipotentiaire du roi d'Italie.
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18. LA CHAPELLE-MARIN. - Le nom de ce château provenait, sans doute, du voisinage d'une très ancienne chapelle de Saint-Etienne, où saint François de Sales vint souvent célébrer la messe, lors de son apostolat en Chablais. Dans ce fief ont existé deux châteaux ou maisons fortes antiques ; il fut donné par le comte de Savoie, en 1306, au Compey, en échange de la seigneurie et château d'Yvoire. Il n'est question dans cet acte que d'une maison forte. Était-ce l'ancienne qui n'existe plus, et qui, d'après la tradition, se serait appelée de Leya, et n'aurait jamais été achevée ? On serait porté à le croire, car la seconde, dans ce qu'il en reste, à 300 mètres de la première, ne paraît pas remonter à cette époque. Quoi qu'il en soit, ce fut du château de la Chapelle que sortit, en 1462, Philibert de Compey, avec 30 hommes d'armes, pour venir enlever, au château ducal de Thonon, l'infortuné grand chancelier, Jacques de Valpergue. Les Compey vendirent la seigneurie et le château, en 1518, aux nobles de Saint-Jeoire. Après la mort, avant 1607, de François-Melchior de Saint-Jeoire, baron d'Hermance, seigneur de la Chapelle, etc., cette seigneurie passa à son neveu, François-Melchior de Saint-Michel, dont la fille unique le transporta à son mari, Victor-Auguste Scaglia, marquis de Verrue, dont les descendants la, vendirent à Jean-François Ferrod, baron de Sarre, en 1714. Lors de la discussion de l'hoirie Ferrod. les barons de Blonay achetèrent le marquisat d'Hermance et la seigneurie de la Chapelle, vers 1760. A la Révolution, MM. Anthoiniz achetèrent ce bien national. Ils y firent bâtir une maison sur l'ancien donjon, et rétrocédèrent cette terre, en 1867, aux barons de Blonay qui la possèdent encore, et ont transformé la maison moderne en château aux gracieuses tourelles groupées autour du donjon. Situé sur la ravissante colline de Marin-Publier, tout près de la Drance, entre Thonon et Evian, c'est celui que représente notre photographie, sur l'emplacement du plus ancien château.
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19. CHARANSONNEX ou Chalansonnex. - Château à l'extrémité sud-est de la commune de Massingy, près Rumilly. La famille de Charansonnex possédait aussi la maison forte de Saint-Marcel, en face, sur Marigny. Elle eut une certaine importance au XVe siècle, grâce à quelques-uns de ses membres, qui furent prieurs des couvents de Lémenc à Chambéry, de Talloires et de Saint-Victor à Genève. Ses armes, d'or au lion de sable, se voient encore sur le manteau de la cheminée de la cuisine, à gauche de la grosse tour carrée, aux murs très épais qui contient l'escalier. Ce château appartient aujourd'hui à deux propriétaires ruraux.
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20. CHATELET DU CREDO. - A trois kilomètres de La Roche-sur-Foron, sur la rive gauche de l'Arve, à gauche de la route qui conduit à Saint-Jeoire, se dressent, sur une éminence, les ruines du Châtelet du Credo ; il fut construit par les anciens sires de Faucigny. En 1269, Béatrix, comtesse de Viennois, le remit en gage à Béatrix de Thoire-Villars. En 1393, Béatrix, dame de Faucigny, fit donation du château et seigneurie du Châtelet à Amé V, comte de Savoie, dont les descendants le vendirent à Amé de Viry (?), puis à Jean du Clos, dit Clavin, qui les possédait en 1435. Philippe de Savoie la racheta, en 1441, au prix de 4 377 écus d'or (?). Il est difficile de ne pas confondre l'histoire de ce fief avec celle des fiefs de la Roche, Monnetier et Mornex, qui, laissés par testament de l'an 1675, par Marie de Genève, marquise de Pancalier, à Madame Royale, furent par elle vendus et érigés en marquisat, le 21 février 1682, au président, comte Thomas Granery, sous le nom de la Roche. Quant au mandement du Châtelet du Credo, il fut aussi vendu par le duc de Savoie, le 1er mars 1700, pour 40 000 florins, et érigé en marquisat en faveur de Rme Marc-Antoine Granery, abbé d'Entremont, et de son petit-neveu et héritier, Charles-Gaspard Granery, lequel réunit ainsi les deux marquisats.
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21. CHIGNANS. - Ancienne gentilhommière connue sous le nom de tour de Chignans, dont les origines sont peu connues. Elle a appartenu longtemps aux nobles Joly de Thonon qui probablement l'ont fait bâtir. Un écusson, sur la porte, a été gratté pendant la Révolution et ne laisse plus voir les armes de celui qui l'a fait sculpter. Marthe-Raymondine de Jolly de Vallon, dernière du nom, transporta Chignans, par son mariage, à Claude-François de Saint-Sixt, en 1705. Claude-Joseph de Saint-Sixt se qualifiait seigneur de Chignans en 1752. 11 ne laissa que des filles, dont l'aînée, femme de M. de Sauvage, fut son héritière universelle en 1784. Chignans appartenait à une famille du nom de Frézier, lorsqu'il a été acheté récemment par M. et Mme Davis Boal, née de Lagarde qui l'ont restauré et relevé de ses ruines.
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22. CHITRY. - C'était sans doute l'ancienne propriété des nobles de ce nom. Sous le crépissage du XVIIIe siècle, les vieilles pierres de taille de ses murs semblent prouver qu'au moins le corps principal du château a dû être construit ou agrandi, au XV e siècle, par les Montfalcon qui étaient seigneurs de Chitry avant 1480. Peronnette de Montfalcon, dame de Chitry, l'apporta, vers l'an 1500, à son mari et cousin, Louis de Montfalcon, baron de Flaxieu, etc. Leur fils Marin, seigneur de Chitry, etc., épousa Antoinette de Clermont-Tonnerre ; on voit encore leurs armoiries sculptées sur pierre, à l'extérieur d'une aile faisant suite au corps de logis. Péronne de Monfalcon l'apporta, vers 1610, à Balthazard de Mouxy, seigneur de Travernay, et leur fille Adrienne, à Claude-Jérôme de Chabod, marquis de Saint-Maurice. On conserve au château de beaux portraits des Chabod, avec le costume des chevaliers de l'Annonciade. Des Chabod, Chitry est passé par héritage aux comtes de Grenaud de Saint-Christophe, qui le possèdent encore. Chitry est situé dans la commune de Vallières, sur une éminence dominant le bassin de Rumilly, d'où la vue admirable s'étend jusqu'au Mont Blanc.
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23. CHUET. - Il reste encore de l'ancien château de Chuit ou Chuyt (aujourd'hui Chuet, dans la commune de Saint-Pierre-de-Rumilly), un beau donjon carré, flanqué d'une échauguette, soit tourelle en encorbellement. La grande maison, qui s'élève à côté, est de construction récente. Le château de Chuyt appartenait à une branche de la famille princière de Faucigny, laquelle en a pris le nom. Guillaume de Faucigny, dit de Chuyt (1225-1236), était le frère de Rodolphe de Faucigny, tige des Faucigny-Lucinge. Cette seigneurie passa aux nobles du Fresnoy, en vertu du testament de Pernette de Montfort, veuve de Nicod, seigneur de Chuit (1402). Un siècle plus tard, Françoise-Nicolarde, fille et héritière de jean du Fresnoy, le porta à son mari, jean Martin, seigneur de Loisin-sur-Passy, lequel prit le nom et les armes des du Fresnoy : d'or à la fleur de lys de sable. Les Martin (devenus marquis, 1700) s'étant éteints, vers 1764, par la mort de Louis Martin du Fresnoy, Chuet passa au neveu de ce dernier, Joseph de Planchamp de Bonneville, dont la petite fille épousa le comte Hyppolyte Riverieulx de Chambost (18..), père du propriétaire actuel.
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24. COHENDIER. - Le château de ce nom est situé près de la gare de Saint-Pierre de Rumilly, entre La Roche et Bonneville, sur la gauche de Borne, au pied de la montagne des Andeys. Bâti en 1367, par un notaire du nom de Cohendier, il passa, en 1564, à Jacques de Menthon-Beaumont, seigneur de Sauterens, qui avait épousé Jeanne, fille unique de noble Vincent Cohendier, puis aux de Montfort-Loblaz (1654) ; enfin, à Charles de Rochette, qui l'acheta en 1684. Sur la fin du siècle dernier, Louise de Rochette le porta à François-Joseph de Viry (1766). Il appartient maintenant à M. le baron Ludovic de Viry Cohendier, qui l'a fait restaurer.
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25. COUDRÉE. - Le château de Coudrée (anciennement de Foron), splendide résidence seigneuriale, est situé sur la rive gauche méridionale du lac Léman, au bord d'une belle forêt de diverses essences où l'on remarque des buis archiséculaires devenus arbres. Le manoir de Coudrée appartenait à l'abbaye de Saint-Maurice en Vallais, qui le céda, en vertu d'un échange, à Béatrix de Greysier, veuve de Henri Ier d'Allinges (29 novembre 1245). Il devint dès lors l'habitation de la puissante famille d'Allinges, une des plus anciennes de l'Europe, et fut érigé en marquisat le 24 février 1655. Prosper-Gaëtan d'Allinges, dernier du nom, étant mort ab intestat, le 26 février 1840, ses vastes biens passèrent à ses cousins germains, le comte Duc et la comtesse Ricci de Saint-Paul. Celle-ci laissa Coudrée au marquis Alfieri, qui le vendit, vers 1850, au propriétaire actuel, M. Anatole Bartoloni, financier genevois, et député de la Haute-Savoie sous le 2e Empire.
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26. DÉRÉE (situé à l'entrée de la combe d'Entrevernes, à 4 ou 500 mètres du Duin). - La maison forte de Dérée, assez bien conservée, a été récemment restaurée avec goût par M. Francisque Frèrejean, son propriétaire actuel. On y trouve, avec le confort des temps modernes, le ton sévère du XVe siècle, un portail orné de mâchicoulis, un escalier en colimaçon, de vastes pièces, de gigantesques cheminées, des plafonds à caissons. Dérée passa aux de Chevron-Villette (1539) par le mariage de Béatrix de Dérée, dernière du nom, avec noble Michel de Chevron. Vers 1630, Jeanne-Françoise de Chevron le porta à son mari, Charles-François de Valpergue ; et peu de temps après (1648), Françoise-Marie de Valpergue le porta à François II de Sales. Abandonné dès lors, Dérée fut vendu par la nation à J. Berthet (1796), et par celui-ci (1839) à M. Scipion Ruphy, dont le gendre, Francisque Frèrejean, en a entrepris et achevé la magnifique restauration.
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27. DUIN. - Le château actuel de Duin (autrefois le Châteauvieux de Duin), situé sur la rive gauche du lac d'Annecy, sur un rocher entouré de tous côtés par les eaux, appartenait, dès le milieu du XIIIe siècle et bien longtemps auparavant peut-être, a l'antique famille de Duin, qui possédait à quelques mètres de là, sur un tertre plus élevé, un autre château plus considérable, dont il ne reste qu'une tour hexagone. Janus de Duin, dernier du nom, seigneur de Châteauvieux et de la Bâtie Saint-Eustache, ne laissa qu'une fille, Louise, mariée à Thomas Valpergue, comte de Masin. Celle-ci vendit Châteauvieux (10 mars 1530), à Philippe de Savoie, comte de Genevois, dont l'arrière-petite-fille, Jeanne-Marie de Savoie-Nemours, épousa le duc Charles-Emmanuel II (1665). Sous la minorité de Victor-Amédée II, fils du précédent, Châteauvieux et Duin furent vendus à noble joseph de Monthouz (1681), dont la fille, Anne-Thérèse, femme de noble Charles Angot de Bonnière, les revendit à noble François-Nicolas de Montpithon (1696), et celui-ci les céda à noble François de Sales, seigneur de Dérée. Saisi comme bien national, Châteauvieux fut vendu le 20 août 1796 à jean Berthet de Bossey, qui le céda au baron Scipion Ruphy (17 novembre 1839), beau-père de MM. de Certeau et Frère Jean, propriétaires actuels.
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28. L'ÉCHELLE. - Maison forte, située à l'extrémité septentrionale du rocher sur lequel était bâti l'ancien châteaude la ville de la Roche et à quelques mètres du château du Saix. Le logis principal est flanqué de deux antiques tours ornées de créneaux et de mâchicoulis. Cette maison forte, qui existait déjà au XII e siècle, a passé en 1330 aux de Cohendier, puis aux de Benevix des Gets. Ceux-ci, en 1679, la vendirent au seigneur Louis de Chissé, qui la donna en partage, en 1709, à sa fille Jeanne-Aimée. Celle-ci épousa Marc-Antoine Sautier de la Balme, et légua sa maison forte de l'Echelle à son fils Jean-Charles. Ce dernier la céda en ce siècle à la famille Rogès, qui l'a vendue, en 1858, à M. Jean-Georges de Chissé de Polinge, père de Mlle Polyxène de Chissé, propriétaire actuelle.
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29. FONBONNE. - Ce nom est inconnu dans les anciennes chroniques d'Evian. Fonbonne est sans doute la grande tour carrée blanche, avec ses maisons, murs et jardins, en la Touvière d'Evian, que vendit, le 19 mars 1556, Marie de Duyn-Vufflens, femme de noble Vincent de Thorens-Rougemont, à Thomas Jacquerod, seigneur de Bonnevaux, bourgeois d'Evian, souche des nobles de Loys. Jacques de Loys épousa Marie de Normandie, veuve de Jacques de Vauclair, lequel avait acheté des deniers de sa femme la maison et biens de Fonbonne, près d'Aubenas. On est porté à supposer que Jacques de Loys, qui hérita de sa femme et vendit Fonbonne (Fons bona) en Ardèche, en transporta le nom à son château d'Evian. Jacques de Loys, neveu et héritier de celui-ci, est le premier qui se qualifia de seigneur de Fonbonne. Ses descendants, en s'éteignant au commencement de ce siècle, l'ont transmis aux Blonay de Sainte-Claire, ceux-ci aux nobles de Saxel, qui l'ont vendu à M. Ramain. Ce dernier l'a transformé en hôtel, sur les dessins de Viollet-le-Duc.
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30. GYEZ (près Faverges, Haute-Savoie). - L'historique de ce château est des plus faciles. Il a peut-être possédé et bâti originairement par les nobles de ce nom ; mais, depuis le commencement du XIIIe siècle, il a appartenu aux seigneurs de Chevron-Vilette, l'une des plus antiques familles du pays, et il il appartient encore aux comtes de Chevron-Vilette, du même nom et du même sang. Il a été agrandi à diverses époques, et a été complètement restauré il y a une cinquantaine d'années.
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31. GYEZ. - Cheminée du salon.
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32. HAUTEVILLE. - Entrée du château
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33. HAUTEVILLE. - Le touriste qui se rend d'Aix-les-Bains aux Gorges du Fier admire, en passant à la gare d'Hauteville ; le beau château, style Renaissance, flanqué de tourelles, restauré avec beaucoup de goût par M. Charles d'Anières de Gantelet. l'un des créateurs de la galerie des Gorges du Fier. Ce château, construit dans le XVIe siècle, par le sénateur Denis d'Anières, passa, en 1639, dans la famille de Gantelet, par le mariage de sa petite-fille, Anne d'Anières, avec Georges de Gantelet, conseiller de S.A.R. et contrôleur général des guerres en Savoie. Il appartient actuellement à Mme Charles d'Anières de Gantelet, née Eugénie de La Chance, héritière de son mari.
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34. MARCLAZ. - La seigneurie de Charmoisy et Marclaz, qui devint plus tard importante puisque Lausenette, Drusilly, Anthy, Corzent, etc., en dépendaient, passa par le mariage de Gasparde de Ravais, en 1515, chez les Vidamne de Chaumont. La dernière de ce nom épousa, en 1659, Victor-Amédée de Mareschal de la Valdisère de Saint-Michel, en faveur duquel Marclaz fut érigé en marquisat, en 1671. Henri de Mareschal, marquis de Marclaz, dit marquis de Saint-Michel, dernier du nom, mort en 1795, nomma héritière la nièce d'Henriette Pelard d'Epagny, sa femme, Josephte de Seyssel-la-Charniaz, qui transmit Marclaz à son mari, le chevalier Carron. Celui-ci mourut sans enfants, et Marclaz passa successivement aux deux soeurs de Josephte de Seyssel, Mme de May, morte sans enfants, puis à Mme de Ville, dont les descendants l'ont vendu au baron de Chanteau qui l'a acquis pour sa fille, femme du comte Max de Foras. Le chevalier Carron a fait démolir un superbe château que le marquis de Saint-Michel avait bâti, sur l'emplacement duquel il a édifié la demeure actuelle. Mais il reste, dans la propriété, l'ancien et très pittoresque château du XVIe siècle, - que nous représentons ici - à jamais illustré par le séjour de la Philothée de saint François de Sales (Louise du Châtel, dame de Charmoisy et Marclaz, etc ) et la présence de l'illustre saint qui s'y arrêta souvent lors de l'évanglisation du Chablais.
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35. MAXILLY. - Vieux château connu dans les légendes du pays de Gavot, à 3 kilomètres d'Evian, dans une admi-rable position dominant le lac ; on y voit encore, sur le manteau d'une vaste cheminée, le blason des Blonay qui l'ont fait bâtir et le possédaient très anciennement comme une annexe de leur château de Saint-Paul, et comme seigneurie séparée avant le XVe siècle. Vendu aux ducs de Savoie en 1514, racheté par les Blonay en 1528. Maxilly passa, pendant l'occupation Vallaisanne, aux Graffenried de Berne qui vendirent le château et la moité de la seigneurie (l'autre moitié restant aux Blonay) aux nobles de Melchiton, le 19 mars 1562. Cette possession fut longtemps disputée par diverses familles, mais maintenue à Paul-Aimé de Melchiton en 1615. La veuve de ce dernier transporta par mariage Maxilly aux nobles de Chatillon, qui le rétrocédèrent aux Blonay en 1625. Malgré quelques incidents survenus depuis, (confiscation comme bien d'émigré et vente comme bien national) Maxilly resta aux puissants seigneurs de Blonay, qui l'ont toujours possédé depuis ; ils y ont fait bâtir une maison près du vieux château abandonné M.J.-C. Gerecke, propriétaire actuel depuis 1880, s'efforce par des travaux de consolidation à conserver ces belles ruines qui renferment tant de souvenirs historiques et de légendes. Le domaine de Maxilly est un des plus importants de la Haute-Savoie par son étendue et la vue sur la plaine y est splendides.
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36. MENTHON. - Le château de la famille de ce nom domine la paroisse de Menthon, avec ses hameaux sur la rive droite du lac d'Annecy ; fièrement bâti sur le roc, entre la montagne du Veyrier et les dents de Lanfon, il commande le chemin du col de Bluffy à la vallée de Thônes. Cette construction féodale est formée de trois tours d'inégale hauteur, reliées par des bâtiments élevés, sur lesquels courait le chemin de ronde ; la tourelle qui servait de vigie, et les mâchicoulis du XIVe siècle, défendent encore le côté du levant. Une large ogive, servant de porterie à travers la première enceinte, donne accès à la rampe qui monte à la porte de fer ; à gauche du vestibule, se trouve la chapelle du pèlerinage et l'étroite cour intérieure ; à droite, la cuisine du XVe, car du Xe au XVIII e siècle bien des âges ont laissé leur trace dans cet ensemble resserré, sévère et très irrégulier. Au premier étage, l'oratoire, ou chambre de saint Bernard, est souvent visité. Des plafonds à la mode de Savoie, des tapisseries, la bibliothèque, des débris d'armures, des meubles de la Renaissance ornent plusieurs salles. Sauf la courte interruption mentionnée plus loin, cette vieille demeure a toujours appartenu aux barons puis comtes de Menthon, qui s'honorent d'avoir donné à l'Église saint Bernard de Menthon, archidiacre d'Aoste, fondateur des hospices actuels du Grand et du Petit Saint-Bernard, mort à Novare en 1008, d'après les Bollandistes, ou vers 1080, suivant des archéologues modernes. Cependant, Françoise-Sophie de Menthon, marquise d'Yenne, morte en 1791, avait fait passer la terre de Menthon aux Vulliet, marquis d'Yenne, malgré le procès de substitution interrompu, en 1792, par la première incorporation de la Savoie à la France, et Balthazard-Louis-Bernard, comte de Menthon, chef de la famille, grand-père du propriétaire actuel, put, en 1820, racheter le château de Menthon du baron François Ruphy, acquéreur des MM. d'Yenne. La Maison de Menthon, qui compte deux colliers de l'ordre, formait, à la fin du XIII e siècle, trois branches principales : la branche aînée, d'où se séparaient au XVe les Menthon de Rochefort, les Dingy, La Balme et les Beaumont, qui devinrent sirs de Montrottier, du pays de Genevois et de Savoie. Elle s'étendit par des charges importantes, par ses alliances et ses seigneuries, dans le pays de Vaud, en Bugey, Bresse, Bourgogne et Franche-Comté. L'importante Maison de Lornay, comtes d'Aviernoz, doit se rattacher à une souche commune, et peut-être les Menthon de Cherasco, Italie.
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37. METZ. - Au siècle dernier, Metz appartenait à la famille Tochon ; c'est là que naquit, le 4 novembre 1772, le numismate Joseph-François Tochon, plus connu sous le nom de Tochon (d'Annecy), qui fut, en ce siècle, un membre distingué de l'Institut de France. En 1838, la famille Tochon vendit Metz à S.Exc. le comte de Sales, lieutenant général, ministre d'État, chevalier de l'Annonciade et ancien ambassadeur de Sardaigne à Paris. Le comte de Sales mourait sans enfants en 1850, après avoir institué pour son héritier son petit-neveu, le comte Paul-François d'Anières de Sales. Celui-ci, mort en 1886, a laissé le château de Metz à ses enfants, qui le possèdent aujourd'hui.
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38. MIEUDRY, sur la commune de Boussy. - Petit château appartenant, depuis un temps immémorial, à la famille des Portier de Mieudry, de Bel-Air, de Betex, de Barrauz, qui a compté des commissaires généraux des guerres, des magistrats, et qui est l'une des plus anciennes de Savoie.
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39. LE MIROIR. - Ancienne maison forte, dans une délicieuse position, au bord du lac Léman, entre Thonon et Evian. Guillaume d'Allinges en fit donation à Angèle Frédéric, femme de noble Pierre de Monthey. Ce dernier céda la maison, colombier et biens du Miroir à noble jean Vial, bourgeois d'Evian, en 1488. Celui-ci en fit donation, en 1491, à noble Guillaume Voutery, son neveu. Ses héritiers vendirent, en 1501, aux nobles Curtet, d'Evian. Guy de Curtet, par son testament du 1er mars 1592, nomma héritière sa femme, Louise de la Mott, substituant les nobles Tournier de Saint-Gingolph, nés de Charlotte de Curtet, cousine du testateur. Louise vendit le Miroir à noble Claude Tournier, le 10 juin : 1399, et par testament du 12 août 1618, lui légua tous les biens provenus des Curtet. Le Miroir fut engagé au baron de Blonay, et dégagé vers 1715, moyennant 33 000 florins, par noble Etienne de Rivaz qui fut, en outre, héritier de noble Christian Tournier, mort en 1720. Après 150 ans de possession, les Rivaz vendirent le Miroir qui est passé récemment en plusieurs mains, et fut finalement acheté, il y a quelques années, par M. Bevan qui a restauré et agrandi le château avec beaucoup de goût On y remarque une cheminée à manteau du commencement du XVIe siècle, portant au centre un grand blason avec une croix, un ange pour cimier, et deux lions pour supports, flanqué de deux autres petits écus qui ne paraissent pas avoir été armoriés. Les attributs ne permettent pas de fixer avec certitude quelles sont les armes de l'écu central, qui ne peuvent appartenir qu'aux Allinges, antiques propriétaires, si elles ne sont pas un hommage à la Maison de Savoie, comme semble l'indiquer un grand lac d'amour qui entoure tout le cadre du manteau.
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40. MONTHOUZ. - Le château de Monthouz est situé à 6 kilomètres d'Annecy, sur la route de Genève, et à la gauche du Viran. Il parait dater du XIVe siècle, et a conservé un peu du caractère féodal, malgré des réparations que le baron de Livet y a faites en ce siècle. La façade méridionale, flanquée de deux tours, une ronde et une carrée, offre, à cause de ses larges croisées, un aspect plutôt moderne. Dans la façade septentrionale, on voit des fenêtres à tiers-point, accouplées et ornées de moulures doriques. A l'intérieur, on voit quelques portraits des nobles de Monthouz. Une belle avenue relie le château à la route de Genève, sur laquelle s'ouvre une barrière de fer, couronnée de deux élégantes logettes, habitées par le concierge et par le jardinier. Le château de Monthouz appartenait, jadis, à la famille de ce nom Philibert de Monthouz, vivant et 1180, prétendait se rattacher à un chef de la légion thébéenne, qui aurait échappé au massacre de ses compagnons à Agaune, en Vallais. Le cade de ses enfants, Guillaume, eut le château voisin du Baroz, à Argonex, et l'aîné, Thomas, eut Monthouz. Christine, dernière de la branche de Thomas, épousa, en 1675, Joseph de Monthouz-du-Baroz, et leur fille unique, Anne-Thérèse, porta Monthouz à son mari, Charles-François Angot de Bonnière, marquis de Cruseilles, natif du comté de la Marche (24 décembre 1695). Enfin, la petite-fille de ces derniers, Françoise-Hélène, le porta à Philippe de Livet (1774). Il est aujourd'hui la propriété de la baronne de Livet, née Joséphine de Sonnaz.
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41. MONTROTTIER. - La situation du château de Montrottier est des plus pittoresques ; il est placé comme son nom l'indique (Mons ruptus), sur un rocher isolé. Du côté du levant, dans le fond du panorama, le Parmelan et la Tournette ; presque au pied du château, le pré du Seigneur, le bois dit poiste et ces gorges du Fier " bien plus curieuses que celles du Trient ", a dit Adolphe Joanne. - Le manoir, du moins en ces anciennes constructions, remonterait au XVe siècle. Dans le donjon, se trouve la Chambre de l'Alchimiste, où se voyait naguère encore un de ces grands boucliers recourbés qui devaient entièrement recouvrir un homme. A visiter aussi la salle des Chevaliers, avec sa vaste cheminée et son plafond à caissons dans le style de la Renaissance. - Il y avait, vers le milieu du XIVe siècle, un seigneur du nom de Montrottier, - Girard de Montrottier, - qui figure dans une transaction entre le Comte Amédée de Genève et Rolet seigneur de Grésy. - Le 10 mars 1425, le château et la seigneurie de Montrottier sont donnés par François de Grésy à Amédée VIII, duc de Savoie. Deux ans plus tard, ils entraient par suite d'acquisition, dans l'illustre maison de Menthon encore représentée à cette heure. La branche qui les eut en partage, les vit ériger en comté au commencement du XVIIe siècle ; elle s'éteignit en 1636 et Charles de Menthon légua alors son comté de Montrottier aux aînés de sa famille. Sophie de Menthon, leur dernière représentante, épousait en 1746 Louis Vuillet de la Saunière, marquis d'Yenne. Mais vint la Révolution française : la Nation, qui confisqua Montrottier, le vendit à un Genevois, M. Dufour, père du général Dufour, le vainqueur du Sunderbund, puis au milieu de ce siècle, le baron Jules de Rochette de Saint-Sigismond s'en rendit acquéreur, et c'est son fils qui le céda, en 1876, à M. Victor Frèrejean. Le propriétaire actuel est M. Georges Frèrejean.
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42. NERNIER. - Ancien château et fief situé près du lac dans la commune de ce nom, possédé par les sires de Gex qui le vendirent, au XIIIe siècle, à la Maison de Savoie. Il appartenait en partie aux nobles de Nernier, dès 1302, et en totalité dès 1343. Girard, coseigneur de Nernier, testa, eu 1428, en faveur de la Maison de Savoie, qui vendit, en 1432, la moitié du fief à jean de Neuvecelle, et en 1433 inféoda le château et juridiction à Nicod de Menthon. Après la mort de celui-ci, cette part fut réunie au domaine ducal, 1489-1490. Les Neuvecelle continuèrent à posséder la moitié du château. En 1552, les Bernois inféodèrent la part jadis ducale de Nernier à François de Saint-Jeoire, dit d'Antioche, et à Bernard de Neuvecelle, déjà coseigneur de son chef de l'autre moitié. Marguerite de Wateville, veuve 1° dudit François de Saint-Jeoire, dit d'Antioche, 2° dudit Bernard de Neuvecelle, dont elle hérita, laissa Nernier à Percevaude de Saint-Jeoire, dite d'Antioche, sa fille du premier lit. Celle-ci épousa : 1° Charles de Brotty, et 2° Charles Fornier. Devenue dame de Nernier par partage avec sa sœur Françoise, dame d'Yvoire, en 1579, elle transporta notamment la possession du château de Nernier à son premier mari dont le huitième descendant direct, le comte Adhémar de Brotty d'Antioche est actuel propriétaire. Il sort de notre cadre de parler de la seigneurie qui passa des Fornier aux Chissé, aux Costa de Beauregard, etc.
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43. PREMERY. - Située à 7 kilomètres d'Annecy, au pied du versant méridional de la colline de Cuvat, sur la droite du ruisseau le Viran, qui le sépare du château de Monthouz, la maison forte est une fort agréable habitation, dont la façade principale est coupée par trois avant-corps simulant des tours et portant un toit élevé à pans coupés. Une terrasse, flanquée de deux petites tours couvertes de lierre, s'étend au midi. Elle a été bâtie, dans les premières années du XVIIe siècle, par René Favre de la Valbonne, fils aîné du célèbre légiste, Antoine Favre. René s'était plu à couvrir le frontispice des portes d'inscriptions tantôt plaisantes, tantôt morales. Par Anne-Marie ; fille de Joseph-Victor Favre, Premery passa, en 1743, à noble Claude-Gabriel de la Place, puis à joseph Dufour, de CollongeBellerive, époux de Marie-Joséphine de La Place, enfin à noble Jacques-Abraham Reymond de La Grange, époux de Madeleine Dufour. Les descendants de celui-ci, qui l'avaient conservé pendant la Révolution, le vendirent à M. le commandant Lachenal ; mais M. Frédéric-Raymond de La Grange l'a racheté il y a quelques vingt ans.
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44. RIPAILLE. - Ancienne résidence en Chablais de la maison de Savoie. Amédée VII, le comte Rouge, y mourut en 1391. Amédée VIII, premier duc de Savoie, y établit, en 1411, un prieuré, et, en 1430, les Hermites de saint Augustin. Il fit construire le château avec ses sept tours, où, ayant abdiqué, il se retira, en 1434, avec six chevaliers, premiers dignitaires de l'Ordre de Saint-Maurice, dont Amédée VIII fut le premier grand-maître. C'est là que vingt-cinq Pères du Concile de Bâle (présidés par Enéas Sylvius Piccolomini, cardinal d'Arles, qui ceignit plus tard la tiare sous le nom du pape Pie II) vinrent, en 1439, le décider à accepter la tiare sous le nom de Félix V : c'est là qu'il retourna lorsque, par une sage renonciation, il mit un terme au schisme. Ripaille fut pris et saccagé par les Bernois, en 1538. La Chartreuse de Vallon y fut transférée en 1614. Vendu comme bien national en 1793, Ripaille passa, après divers acquéreurs, au général de l'Empire, comte Dupas, des descendants duquel ce château, avec le magnifique parc entouré de murs en dépendant, a été acquis par M.F. Engel-Gros. Celui-ci a dégagé le vieux château du XVe siècle des constructions modernes qui l'étouffaient, et s'efforce, avec un rare respect, de restituer à ses restes leur style primitif en conservant les tours et les bâtiments auxquels se rattachent tant de souvenirs de l'histoire du Chablais.
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45. LA ROCHETTE. - Ancien château dans la commune de Fessy, appartenant, avant 1340, aux puissants seigneurs de Cervens. Il en reste des ruines très pittoresques, sur un mamelon dominant la route nationale de Thonon à Bonneville. A l'extinction de la famille des Cervens, connus aussi sous le nom du Vernay, Françoise de Cervens du Vernay, dame de la Rochette, transporta, par testament du 20 février 1473, le château et la seigneurie de la Rochette, à son mari Guillaume d'Allinges, seigneur de Coudrée, avant 1469. Ils sont restés dans l'immense patrimoine de ses descendants directs, jusqu'à leur extinction, en 1840. Vendu par le Mis Alfieri un des Héritiers, vendu judiciairement il appartient maintenant à M. Dénarié.
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46. RUMILLY-SOUS-CORNILLON. - Le château de Rumilly, belle tour carrée, surmontée d'un toit aigu, s'élève, dans la paroisse Saint-Pierre-de-Rumilly, sur le versant septentrional de la colline de Saint-Laurent, à une lieue de la ville de La Roche. C'était le siège du commandement de Rumilly, de Cornillon lequel comprenait Saint-Laurent, Saint-Maurice, Saint-Pierre et Passeirier. A l'extinction des comtes de Genève, qui le possédaient dès le XIIIe siècle au moins, il devint la propriété de Humbert de Thoire-Villard (1394) puis d'Oddon de Villard, qui le vendit au célèbre Amédée VIII, comte de Savoie (1401). Inféodés en 1420 aux enfants de noble Gervais du Clos de la Place, château et commandement rentrèrent bientôt dans le domaine des ducs de Savoie, qui les vendirent : en 1528, à noble Pierre de la Forest, seigneur de La Barre. Un descendant de ce dernier, François-Emmanuel, reçut les patentes du comte de Rumilly (1698). Des de la Forest, Rumilly passa, par acquisition aux nobles Muffat de Saint-Amour (mai 1733), puis aux nobles de Planchaux, dont a hérité le propriétaire actuel, M. le vicomte Louis de Chambost.
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47. TOUR DE SAINT-JEOIRE. - L'ancien château des sires de Saint-Jeoire, construit au XIIe siècle, par les seigneurs de Faucigny, fut le berceau de l'évêque et du cardinal Allamand et du baron d'Hermance, gouverneur du Chablais et commandant des armées du duc de Savoie contre les Bernois en 1589. Il appartint ensuite au marquis de Saint-Maurice, puis au baron Foncet de Montailleur, dont la succession passa en partie, plus tard, dans le domaine de Mme la comtesse de Murard. - Ce château fut assiégé deux fois et brûlé par les Bernois durant les guerres de la Réforme ; il n'en reste actuellement aucun vestige, et son emplacement est la propriété de M. Bosson. - C'est, dit-on, avec des matériaux de l'ancien château qu'a été élevée, en 1742 la tour représentée ici, qui jusqu'en 1855 adossée à la vieille église, remarquable par les nervures de ses voûtes gothiques, ses piliers, et la pureté de style de ses fenêtres.
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48. SAINT-MARCEL. - Sur la commune de Marigny. Maison forte ayant appartenu à divers seigneurs, et en dernier lieu aux Bracorens de Savoiroux. Bien que placée sur un mamelon peu élevé, on jouit, de ses jardins, d'une vue fort étendue sur la belle vallée de Rumilly. M. le baron Lucien d'Alexandry vient d'y exécuter des réparations considérables qui en feront un séjour attrayant.
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49. SAINT-SIXT. - Le joli château de Saint-Sixt s'élève sur la colline de ce nom (lui domine la ville de La Roche au S.-E., et sur la voie qui relie cette ville à la gare de Saint-Laurent. Il est composé d'un corps de logis flanqué de deux tours carrées, ornées de mâchicoulis et surmontées d'un toit à pignons. La famille noble de Saint-Sixt le possédait déjà au XIVe siècle. A la mort de Claude-Joseph de Saint-Sixt, dernier du nom (1745), il échut à son gendre, noble Henri de Sauvage. Le fils de celui-ci, Philibert de Sauvage, mort célibataire à Saint-Sixt, en novembre 1872, a légué le château à noble Georges de Pollinge, son neveu, qui l'a vendu au propriétaire actuel, M. Léon Maréchal, ancien avocat général à la Cour d'appel de Chambéry, qui l'a fait restaurer dans sa belle forme actuelle.
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50. TALLOIRES. - D'après quelques historiens, l'abbaye de Talloires aurait été fondée dans le courant du IXe siècle, et réunie, en 879, par le roi Boson, à l'abbaye de Saint-Philibert de Tournus. Ce qui est plus certain, c'est que, par une charte qui se place entre les années 1007 et 1032, Rodolphe III, roi de la Bourgogne cisjurane, à la sollicitation de son épouse Ermengarde et de son frère Burchard, archevêque de Lyon, soumit à l'abbaye de Savigny-en-Lyonnais, l'abbaye de Talloires, qui n'eut plus, dés lors, que le titre et le rang de simple prieuré. Quelques années plus tard (1037), la reine Ermengarde, qui venait de faire reconstruire l'église de Talloires, en l'honneur de la Sainte Vierge, donna aux religieux la possession de plusieurs villages voisins. Le pape Pascal II, en 1107, et le pape Calixte II, en 1124, confirmèrent successivement les droits de l'abbaye de Savigny sur le prieuré de Talloires et ses dépendances. C'est ainsi que dans le courant du XIVe siècle, deux prieurs de Talloires : Jacques de Menthon et jean de Lutry, devinrent abbés de Savigny. Ce monastère, qui avait été fortifié au moyen âge, a conservé des restes assez importants de sa construction primitive. Ainsi en est-il notamment de son ancien mur d'enceinte qui le mettait autrefois à l'abri d'une attaque à main armée. Telle est aussi la haute tour carrée qui domine l'ensemble des bâtiments et qui servait, dit-on, de prison ; telles sont encore plusieurs fenêtres à meneaux, qui ont gardé l'ornementation de l'époque ogivale. - A.V.
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51. TALLOIRES (Rampe d'escalier.). - Dès la fin du XIVe siècle, Talloires tomba en commende, et si, depuis cette époque, le relâchement s'introduisit dans l'observation de la règle religieuse, ses richesses ne firent que s'accroître. En 1624, le pape Urbain VIII sépara ce monastère de Savigny ; un autre pape, Clément X, le réunit, en 1674, à l'abbaye du Mont-Cassin. Ce fut alors que Talloires reprit son titre d'abbaye, et qu'une partie du monastère fut reconstruite avec un certain luxe, et dans des conditions plus appropriées au bien-être de la vie moderne. C'est alors que, dans les parties des anciennes constructions qui furent conservées, de larges ouvertures, richement décorées, remplacèrent les fenêtres étroites du moyen âge. C'est aussi à cette époque que fut construite, dans le style de la Renaissance, la rampe d'escalier, appliquée contre la façade, et dont on admire l'élégance. Cet escalier, qui est une oeuvre d'art, appréciée de tous les connaisseurs, est recouvert d'un soit supporté par de légères colonnettes, couronnées de chapiteaux d'ordre composite. Au-dessus de la porte à laquelle il sert d'accès, et que surmonte un fronton triangulaire, on remarque aussi les armoiries d'un ancien abbé commendataire, l'abbé de Lances, qui vivait en 1657.
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52. TALLOIRES (Cloître). - C'est à l'abbaye moderne de Talloires, reconstruite en grande partie au XVIIe siècle, qu'appartient le cloître qui subsiste encore. Ce cloître, dont les hautes arcades, à plein cintre, sont supportées par des piliers carrés, n'a, sans doute, ni la grâce, ni l'élégance des cloîtres de l'époque romane ou de l'architecture ogivale ; mais il se trouve dans un bon état de conservation. Tout autour se développent de larges galeries, sur lesquelles s'ouvraient les cellules des moines. C'est aussi dans cette partie du couvent qu'étaient situées les offices et le réfectoire, où l'on voit encore un buffet sculpté, sur le fronton duquel on lit ce mot : Silenlium. Des appartements du prieur claustral, situés dans l'aile méridionale des bâtiments, et qui servaient de logement aux abbés commendataires, dans leurs rares visites à Talloires, il subsiste encore plusieurs pièces, qui avaient été décorées de riches peintures, en 1732, comme en témoigne une inscription qu'on lit encore dans un angle de la salle principale.
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53. EGLISE PAROISSIALE DE THONON (Vue intérieure prise de la tribune). - Elle a été construite à une époque très reculée, comme le prouvent les voûtes romanes de la grande nef et de l'avant-chœur, lequel est lui-même surélevé sur une crypte de la fin du Xe siècle. C'était d'abord l'église d'un prieuré de Bénédictins, sous le vocable de Saint-Hippolyte, connu déjà en 1138, qui est resté florissant jusqu'à l'invasion bernoise de 1536. Rendue au culte par saint François de Sales, sous le vocable de N.-D. de Compassion, cette église, avec la Sainte-Maison attenante (démolie il y a peu d'années), a été le centre, à jamais mémorable, des actes par lesquels l'apôtre mémorable du Chablais a ramené toute la province à la foi de ses pères. Une partie du chœur a été rebâti au XV e siècle, on y a ajouté deus basses nefs. Enfin, au XVIIe siècle, les antiques voûtes romanes ont été masquées par des cordons de draperies, soutenant des anges, le tout en plâtre, et la façade barbarement peinturée. C'est dans cet état que notre vue représente l'intérieur de cet édifice, dont aucun, dans tout le duché de Savoie, ne renferme autant de souvenirs religieux et historiques. Il faudrait, ne fût-ce que dans un intérêt archéologique restituer ce monument à sa première forme, dans la mesure du possible.
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54. CLOITRE-HOPITAL DE THONON. - Ancienne dépendance de la princière demeure des marquis de Lullin, descendants des antiques comtes de Genève. Sous le nom de Petite-Bâtie, elle occupait un énorme espace dans la ville, entre les rues Gresoud et des Arts, dernière rue prise entièrement sur les jardins de l'ancien édifice dont il reste encore, dans l'ancienne maison Malfroy, de très intéressants motifs d'architecture. Le Threatrum Sabaudue de Blaew donne le plan par terre de cette splendide demeure. Quant à l'hôpital, avec son beau cloître, il fut bâti et doté par le marquis de Lullin, et commencé en 1635, sur ses propres terrains, avec une chapelle dont devait se servir le puissant marquis, par une entrée particulière communiquant avec son château de la Petite-Bâtie. La cour carrée intérieure, flanquée de portiques spacieux et élevés, est le plus beau spécimen de l'architecture du XVIIe siècle en Savoie.
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55. THORENS (vu du S.-E.). - Le château de Thorens, situé à un kilomètre du bourg de Thorens Sales, à l'entrée du Val d'Usillon et au confluent des rivières du Flan et de la Fillière, est un des meilleurs spécimens de l'architecture féodale en Savoie. Un pont-levis, protégé par une forteresse et des tours en retraite, donne accès dans l'enceinte jadis fortifiée du château flanqué de trois tours. Suivant une légende fort peu consistante, il aurait été construit par Gérold, comte de Genève, et inféodé, en 1060, à Oddon de Compey. Il est certain que, dès la fin du XIIIe siècle, il a appartenu à la puissante famille des Compey, aussi célèbre par ses crimes que par sa grandeur. Confisqué pour crime de félonie, en 1533, sur Philibert II de Compey, il fut donné à Louise de Savoie, femme de François de Luxembourg, dont le petit-fils le vendit, en 1559, à François de Sales, père du grand saint François. Déjà alors qualifié de baronnie, érigé plus tard en comté, puis en marquisat, Thorens fut possédé par les marquis de Sales jusqu'à la Révolution qui le vendit comme bien national. Racheté, en 1819, par la marquise de Sales, le château, avec les richesses artistiques et historiques qu'il renferme, appartient maintenant à son petit-fils, le comte Eugène de Roussy de Sales, qui l'a entièrement et magnifiquement restauré.
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56. CHAPELLE DE SAINT-FRANÇOIS-DE-SALES (Thorens). - Cette chapelle, d'assez modeste apparence, s'élève à l'est du bourg de Thorens, à 150 mètres à peine au-dessous du château de ce nom. Elle a été bâtie, en 1675, sur l'emplacement de l'ancien château de Sales, à l'endroit même où naquit le grand évêque de Genève, et au.frais de Mre Joseph de Sales, doyen de N.-D. de Liesse d'Annecy Le tableau que l'on, perçoit derrière l'autel représente l'apothéose du saint. Le château de Sales, habité par la famille de ce nom, était composé de trois grands corps de logis, élevés de trois ou quatre étages, fortifiés de six tours hautes, et embellies de deux longues galeries. Le roi de France, Louis XIII, l'ayant fait incendier, en 1630, la famille de Sales s'établit dans le château des nobles de Compeys, (Thorens) qu'elle avait acheté, 60 ans auparavant, de Sébastien de Luxembourg. Saint-François remontait par son père à noble Pierre de Sales, vidonne de la Roche, en 1350, et à l'empereur Charlemagne, par sa mère Françoise de Sionnas, qui descendait des comtes de Genève et de Bourgogne.
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57. THUYSET. - Maison forte (commune de Thonon-les-Bains), dans l'ancien clos des Choyset, d'où est venu le nom actuel. Passée des Choyset, aux seigneurs d'Allinges, la propriété fut vendue par Guillaume d'Allinges, seigneur de Coudrée, à Henri Bochard, dont les fils la vendirent, en 1490, à Jean d'Allinges. Celui-ci en fit donation le 22 octobre de la même année à François de Thorens, son écuyer, avec toute juridiction, en récompense de ses bons services. C'est ce François qui, ayant racheté toutes les terres des Choyset, fit agrandir ou bâtir le château avec ses deux tours et deux poivrières, démolies depuis, du côté du lac. Jeanne-Françoise de Thorens, dernière du nom, apporta Thuyset à son fils Amé de la Fléchère, dont fut héritière Aymée de Prez, sa femme, qui se remaria avec Louis Marin de Loisinge, sénateur au Sénat de Savoie. L'aînée de ses deux filles, jeanne-Marie, dame de Thuyset, épousa, en 1688, Jean-Charles de Foras, seigneur du Bourgneuf, de Balleyron, etc., auquel elle transmit Thuyset, resté depuis lors dans sa descendance directe masculine. Thuyset a été reconnu comme fief, seigneurie relevant du château ducal de Thonon, en 1498, 1612, etc. Ou y a découvert, il y a une trentaine d'années, un souterrain qui conduisait des caves à la chapelle du château, isolée au sud de la propriété.
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58. TROCHES (Douvaine, Haute-Savoie). - A probablement appartenu à la noble famille de ce nom, éteinte au XIVe siècle. Mais le château et le fief appartenaient, avant 1354, aux comtes de Genève, qui en firent donation à Girard de Ternier, chef de la puissante famille de ce nom. Après (1418) la mort de Girard II de Ternier son fils, Richard de Monchenu-Ternier, son neveu et héritier, dut céder Troches à Girard de Nernier, neveu de sa femme, en 1427. Troches paraît avoir passé peu après au marquis de Thoveis (?), qui le vendit au duc Amédée VIII, en 1429. Louis de Savoie le vendit et inféoda à Barthélemy de Chignin, en 1452. Troches passa ensuite par alliance aux Allamands du Dauphiné, qui le vendirent au Genevois Claude Baud. Puis elle passa à Hanz Burger de Berne; successivement à Jean Arpeau, de Lyon; à Louis Lepelletier ; enfin Lepelletier le vendit à Thibaud de Livron. Renée de Livron l'apporta en dot à Odinot de Montmoyen ; celui-ci le céda à Melchior de Mouxy. Claudine de Mouxy épousa Claude-Jérôme de Chabod, baron de Saint-Jeoire (10 janvier 1619), Celui-ci la vendit à Antoine Passerat, contrôleur des guerres en Savoie, en faveur duquel elle fut érigée en baronnie (10 février 1682). Son fils Marc-Antoine épousa, le 25 juin 1689, Anne-Louise de Saint-Séverin, Le dernier descendant d'Anne-Louise, Charles-Joseph, marquis de Saint-Séverin, a laissé la terre de Troches, son nom et ses armes à son neveu, le marquis Trédicini de Boffalora, le propriétaire actuel, par son testament. (Janot, notaire à Genève,) en date du 22 mars 1854.
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59. TROCHES (Douvaine, Haute-Savoie). - A probablement appartenu à la noble famille de ce nom, éteinte au XIVe siècle. Mais le château et le fief appartenaient, avant 1354, aux comtes de Genève, qui en firent donation à Girard de Ternier, chef de la puissante famille de ce nom. Après (1418) la mort de Girard II de Ternier son fils, Richard de Monchenu-Ternier, son neveu et héritier, dut céder Troches à Girard de Nernier, neveu de sa femme, en 1427. Troches paraît avoir passé peu après au marquis de Thoveis (?), qui le vendit au duc Amédée VIII, en 1429. Louis de Savoie le vendit et inféoda à Barthélemy de Chignin, en 1452. Troches passa ensuite par alliance aux Allamands du Dauphiné, qui le vendirent au Genevois Claude Baud. Puis elle passa à Hanz Burger de Berne; successivement à Jean Arpeau, de Lyon; à Louis Lepelletier ; enfin Lepelletier le vendit à Thibaud de Livron. Renée de Livron l'apporta en dot à Odinot de Montmoyen ; celui-ci le céda à Melchior de Mouxy. Claudine de Mouxy épousa Claude-Jérôme de Chabod, baron de Saint-Jeoire (10 janvier 1619), Celui-ci la vendit à Antoine Passerat, contrôleur des guerres en Savoie, en faveur duquel elle fut érigée en baronnie (10 février 1682). Son fils Marc-Antoine épousa, le 25 juin 1689, Anne-Louise de Saint-Séverin, Le dernier descendant d'Anne-Louise, Charles-Joseph, marquis de Saint-Séverin, a laissé la terre de Troches, son nom et ses armes à son neveu, le marquis Trédicini de Boffalora, le propriétaire actuel, par son testament. (Janot, notaire à Genève,) en date du 22 mars 1854.
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60. TROCHES (L'entrée).
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61. YVOIRE. - Château fort et bourg fortifié très antiques, situés à l'extrémité nord du promontoire de ce nom, baignés par le lac. En 1289, Antelme de Compey d'Yvoire en fit hommage à la comtesse Béatrix de Savoie. En 1306, les enfants d'Antelme donnèrent en échange au comte de Savoie le château, fief et ville d'Yvoire, contre le fief et maison forte de la Chapelle-Marin. Yvoire, dont les anciennes franchises furent confirmées en 1324, fit partie des apanages souverains jusqu'à 1366, année où il fut inféodé à Antelme de Miolans, seigneur d'Urtières. Antoinette de Miolans le transporta, avant 1402, à la famille de Jacques de Rovorée, son mari. Rme Antoine Champion, évêque de Genève, comme tuteur de Frédéric de Poypon, fils et héritier universel de Jacques de Poypon, héritier d'Amblard de Rovorée, seigneur d'Yvoire, vendit Yvoire à Georges d'Antioche en 1494. Pierre d'Antioche, seigneur d'Yvoire, son neveu et héritier, le laissa, par testament de l'an 1521, à François de Saint-Jeoire, dit d'Antioche. Françoise de Saint-Jeoire apporta Yvoire à son mari noble Claude Forestier. Leur fils en fit cession en 1627, à Philibert Favre, seigneur de Félicia, qui le vendit en 1634, à noble Antoine Fornier. Jacques Fornier, seigneur d'Yvoire, fils du précédent, le vendit, le 8 juillet 1655, à noble Georges Bouvier. Yvoire portait, dès lors, le titre de baronnie, titre qui fut encore confirmé en 1772, en faveur de Jeanne-Marie-Marthe d'Yvoire, femme de noble Jean-François du Maney, laquelle, contrairement aux lois de l'époque, avait hérité de son frère de la baronnie d'Yvoire, qui, par transaction du 10 août 1780, revint à François-Marie Bouvier, héritier fidéicommissaire, arrière-grand-père paternel de François, baron d'Yvoire, propriétaire actuel, ancien député au Corps législatif. Le château historique d'Yvoire a été assiégé, pris et ravagé par les Genevois en 1589, et les Bernois en 1591. Son imposant carré, démantelé des tourelles qui devaient le couronner, démontre pourtant encore son antique importance.
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